PRESENTATION DU PROJET

Avant d’être un parc paysager ouvert au public, La Pommeraie Idéale tient d’abord d'une démarche artistique sur le très long terme. C'est un chantier qui expérimente la construction de formes fruitières sur des périodes nécessitant entre quinze et quarante années de travail. 

Les premiers croquis remontent à 2003, les premières greffes à 2006 et les  premières plantations ont put commencer en 2008. Il s'agit là d'un travail qui pourrait passer pour parfaitement utopique. Prenant plaisir à la lenteur du résultat à venir, au chemin à parcourir plutôt qu'à la démonstration rapide et flatteuse, au travail qui ne se voit pas forcément et à une certaine sobriété dans la communication.

Les vases Médicis, les vases à huit branches, les colonnes spiralées et autres vases ramifiés font appel à des techniques en voie de disparition, tombées en désuétude, mais reflétant une époque où le beau et le bon se mariaient parfois magnifiquement.

Depuis la Renaissance, point de départ des formes fruitières palissées, ce sont des dizaines de générations de jardiniers qui ont travaillé ce sujet. Aujourd'hui et bien plus qu'hier, c'est une façon de faire qui est en décalage avec notre époque, son besoin de rentabilité immédiate et son impatience.

Dans un futur proche, l'ambition de ce décor est d'accueillir des évènements artistiques et culturels comme de petits concerts, des expositions et  autres prestations de ce genre.

La Pommeraie Idéale dans son apellation est aussi un clin d'oeil au facteur Cheval et à son Palais Idéal à Hauterives dans la Drôme.

Joseph-Ferdinant Cheval a passé plus de trente ans de sa vie à bâtir son palais avec des pierres qu’il ramassait lors de ses tournées. C’est cette obstination laborieuse, cette intégrité, cette confrontation au temps et aussi cet idéal que j’admire et que je reconnais parfois dans la démarche des jardiniers.

Une brouette de cailloux où quelques coups de sécateur, ce sont toujours des gestes simples qui se répètent et s’additionnent au fil du temps pour créer quelque-chose de beau.

 

Dominique STILLACE

Un reportage de France 3 est disponible sur Youtube